Les proverbes malgaches m ?ritent tout notre int ?r ?t.
Un essai d’explications aux diff ?rentes formes de proverbes malgaches.
Les proverbes, si bien qu’exprimés à l’aide de peu de mots ou de courtes phrases renferment une vérité généralement admise par ceux qui les connaissent. Ils sont dotés d’un bon sens et nous les retenons facilement.
Peut-être parce qu’ils semblent nous donner des leçons de la vie et nous servir de guide ou bien de mise en garde dans des circonstances bien définies.
Il se trouve que c’est exactement le cas pour les proverbes malgaches appartenant à des auteurs malgaches dont le choix des mots est juste et ils sont très expressifs.
Dans ces quelques exemples de proverbes malgaches traduits en français, nous allons trouver la preuve que le but de leurs auteurs n’est autre que rappeler aux gens certains aspects de la vie tout en véhiculant des conseils :
« Si on cueille des fruits verts, on s’en dégoûte vite et si l’on se penche haut, on fait la culbute » Ici on fait allusion aux mauvaises conséquences d’une curiosité excessive.
En voici un autre : « Les membres d’une famille sont comme des taureaux en combat ; il ne faut ni applaudir les vainqueurs ni huer les vaincus. »
Toujours dans le cas des Malgaches ces poèmes en miniature sont souvent dotés d’un côté humoristique et quelque fois même insultants comme dans les quelques exemples suivants :
« Un bêta qui n’a qu’une pièce d’un franc et qui s’imagine que tout ce qu’il voit vaut un franc »
« Quelle drôle d’idée a cet aveugle de porter une lanterne qui ne peut servir qu’à d’autres »
ou encore « Un vieillard qui s’étrangle en mangeant de patates, n’est pas victime d’un maléfice puisqu’il a de sa propre main enfoncé l’aliment dans son gésier ».
Nous avons peut-être constaté une certaine méchanceté dans les deux derniers exemples cités ci-dessus mais voici une tentative d’explication apportée à cette forme de proverbes.
Nos ancêtres croyant en l’existence des forces maléfiques invisibles qui mettaient leurs vies en danger se sentaient obligés de se défendre et de conjurer ces malheurs.
Ainsi, dire du mal des infirmes ne signifie pas une intention de blesser la personne mais d’éloigner le mauvais sort en elle. Il en est de même pour le vieillard et le mal à écarter ici c’est la mort.
Les auteurs des proverbes malgaches ont associés charme et ironie, compréhension et moquerie pour transmettre leur philosophie. Sans doute que leurs oeuvres essayent d’agir sur la moralité de chacun. Néanmoins, il appartient à chaque individu d’interpréter le message véhiculé dans ces proverbes.
Notons que la majorité des traductions des proverbes ont été faites par l’auteur français
M. Mondain et qu’en consultant l’ouvrage suivant, vous allez trouver les proverbes avec leurs versions malgaches.
Ouvrage source : « Le sens de l’humour dans les proverbes malgaches » par G-S Chapus et Razanajohary ; extrait d’un bulletin de l’Académie Malgache (1949-1950).
Cote UTBUFL 4758. Détenteur : Bibliothèque universitaire(BU)
Homentsoa Lalaina